Newsletter #1

Pour une redynamisation du centre-ville de Cholet

Victor Hugo disait que « la rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société́ ». La richesse de nos rues vient précisément des commerçants qui les animent et qui en font un cœur battant. Soyons conscients que la revitalisation du cœur de ville n’est pas seulement une exigence économique, mais aussi un besoin social[1] ».

Le cœur des villes, c’est l’âme de la France et des commerces dynamiques sont indispensables à l’attractivité́ des centres-villes.

En 2016, un rapport pour « La revitalisation des centres-villes[2] » indique que si le commerce en centre-ville est avant tout dépendant du contexte socio-économique de son territoire, il est aussi très sensible au bon équilibre des offres commerciales ainsi qu’à la qualité de son environnement.

Ce rapport confirme qu’il ne peut y avoir de vitalité commerciale en centre-ville sans :

  • une démographie dynamique et une situation socio-économique favorable, voire une capacité d’attractivité de la ville au-delà de son pourtour immédiat
  • de bonnes conditions économiques d’exploitation pour les professionnels du commerce et un environnement urbain adapté
  • un équilibre à préserver entre périphérie et centralité
  • une adaptation rapide des acteurs du commerce à l’évolution des modes de consommation et des attentes de leurs clients.

Le déclin commercial des centres-villes se mesure en termes de vacance commerciale, pourcentage de commerces fermés. Au-dessus de 10%, il y a un problème certain de dévitalisation du centre-ville[3].

La vacance commerciale est bien de 16,7 % en centre-ville de Cholet[4].

Le problème de l’effondrement commercial du centre-ville de Cholet est évident et profond.

Les éléments identifiés pour la ville de Cholet se caractérisent par la vacance commerciale, une population des plus de 60 ans qui représente un quart des habitants choletais, la perte d’habitants, un pourcentage élevé de logements vacants dû à une dégradation du bâti, une insuffisance de l’offre de services à la population, un coût du foncier et des baux commerciaux. Cet environnement défavorable en centre-ville a renforcé le déséquilibre de l’offre commerciale entre le cœur de ville et sa périphérie.

Cholet est pointé du doigt par tous les observateurs spécialisés dans l’organisation et l’aménagement des espaces urbains : Cholet est championne de France de la disparité incontrôlée entre le centre-ville et sa périphérie !

Parmi les 200 premières villes de France classées par population, Cholet détient la plus forte densité commerciale, alors qu’elle n’est que la 102ème ville de France par sa population[5].

Pendant que le commerce du centre-ville de Cholet se meurt, au lieu de restreindre les installations commerciales périphériques pour amorcer un rééquilibre tout autant nécessaire qu’impérieux, la mairie a accordé une extension de 10 000 m2, prévue en 2019[6], en plus à l’Autre Faubourg qui compte déjà 30 000 m2.

Non content de rajouter cette extension à l’Autre Faubourg, la mairie de Cholet a, en 2018, accordé un permis de construire de 3 000 m2 à la SOPIC au Cormier, près de Leroy-Merlin, et il s’agit là d’une « première pierre à un grand projet commercial de 50 000 m2 »[7].

Si on n’arrête pas la politique municipale, un 2ème Autre Faubourg sera réalisé au sud de Cholet, alors que l’offre commerciale principalement située en périphérie est sur saturée et que tout Choletais peut constater que les Arcades Rougé, PK3 et Marques Avenue à La Séguinière sont à la peine.

Le centre-ville de Cholet souffre, demande à respirer et ce n’est pas en continuant à autoriser la construction irraisonnée de zones commerciales périphériques que le problème se résoudra.

Pourtant une possibilité est offerte à la ville de Cholet pour redynamiser son cœur de ville.

Cholet a été, en raison de tous les éléments cités ci-dessus, identifié par le ministère de la Cohésion des Territoires, comme ville éligible parmi les 222 villes moyennes visées par le plan « Action Cœur de Ville ».

La ville de Cholet, ayant déposé sa candidature auprès de la préfecture du Maine et Loire, nous pouvons souhaiter qu’« Action Cœur de Ville »  lui permettra d’agir dans la durée pour faire de son centre-ville, le pôle de la vie quotidienne d’un territoire d’environ 120 000 habitants.

Pour respecter son opération de requalification des territoires, la commune aura la nécessité d’effectuer une pause dans les permissions d’implantation des commerces en périphérie[8].

Pour ceux qui s’interrogent sur l’existence de moyens juridiques pouvant stopper l’implantation de commerces en périphérie, depuis fin janvier 2018, cela est autorisé pour toute ville située dans l’Union Européenne.

Face au sacro-saint principe de liberté de commerce prôné par l’Union européenne[9], la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a, en effet, autorisé toute commune située dans l’Union Européenne à interdire, dans son document d’urbanisme, certaines activités commerciales en périphérie afin de préserver son centre-ville[10] :

  • une fois défini le centre-ville, il ne pourra pas être implanté dans une zone géographique située en dehors du centre-ville de la commune des commerces de détail de produits non volumineux, comme par exemple les chaussures et les vêtements.
  • pourront être implantés dans une zone géographique située en dehors du centre-ville de la commune, des commerces de biens volumineux : commerces de meubles, de cuisines, de décoration, de bricolage, de matériaux de construction, d’articles de jardin, de vélos, d’articles de sport équestre, d’automobiles et de pièces détachées pour automobiles.

Cholet doit changer d’optique pour renouveler l’attractivité du centre-ville, non seulement sur le plan commercial mais aussi sur le plan urbanistique et social.

DEMAIN CHOLET, association portée par un pluralisme politique en marche, s’engage, dès à présent, à mettre tout en œuvre pour que le dynamisme du centre-ville de Cholet agisse sur la qualité de vie et le bien-être de ses habitants. 

 L’équipe DEMAIN CHOLET – Association Loi 1901

 

NOTES :

[1] C. DELGA, Secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’économie sociale, Guide du Commerce de Centre-Ville, 2015,

http://www.amf.asso.fr/upload/fichiers/documents/AMF_13248_GUIDE.pdf

[2] P-M. DUHAMEL, P. NARRING, J. MUNCH, J-P. LE DIVENAH, C. FREPPEL, « La revitalisation commerciale des centres-villes », 2016, Inspection Générale des Finances, Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable

[3] Source note 2

[4]  CCI de Maine-et-Loire, Observatoire du Commerce – édition 2018 – qui recense l’offre commerciale sur les territoires pour la période entre 2010 et 2017. À Angers, en 2017, la vacance commerciale de centre-ville est
de 9,6 % et à Saumur de 7,3 %

[5] D. BICARD, LSA Commerce et Consommation, publié le 17/12/2013 ; Cholet affiche avec ses « 3,22 m² par habitant la plus forte densité commerciale » du classement. Soit « plus de 170 000 m² » pour ses 54 098 habitants. Alors que « la densité commerciale moyenne est de 0,76 m² par habitant ».

[6] E. EVAIN, Commerce. 10 000 m2 en plus à l’Autre Faubourg en 2019, Ouest-France, 23 février 2017.

[7] Ce projet ne semble pas correspondre aux besoins de déplacement d’une entreprise choletaise voulant s’agrandir ; F. REIGNER, Du neuf dans les commerces, Courrier de l’Ouest, 19 mai 2018.

[8] Article 54 (exposé des motifs) du projet de loi enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 4 avril 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique : «  Afin de garantir une cohérence opérationnelle entre intercommunalité et communes du centre et de la périphérie en matière d’urbanisme commercial, le contrat impose la signature des communes et de l’intercommunalité ; en contrepartie, des dérogations en matière d’urbanisme commercial seront possibles dans le périmètre des opération de requalification des territoires (ORT). Les commerces qui souhaiteraient s’implanter en centre-ville (périmètre défini dans une annexe de la convention) ne seront ainsi pas soumis à autorisation d’exploitation commerciale. En parallèle, après avis des collectivités de l’ORT, une pause dans l’implantation des commerces en périphérie est rendue possible. Le préfet peut suspendre, l’enregistrement et l’examen d’une demande d’autorisation commerciale en dehors des secteurs d’intervention de l’ORT. Il sera ainsi possible de favoriser un développement commercial harmonieux et maîtrisé au sein du périmètre de l’ORT ».

[9] « La libre circulation des services et la liberté d’établissement dans l’Union Européenne, Synthèse » https://www.touteleurope.eu/actualite/la-libre-circulation-des-services-et-la-liberte-d-etablissement.html

[10] Arrêt de la Cour du 30 janvier 2018 (demandes de décision préjudicielle du Hoge Raad der Nederlanden, Raad van State – Pays-Bas) – College van Burgemeester en Wethouders van de gemeente Amersfoort / X BV (C‑360/15), Visser Vastgoed Beleggingen BV / Raad van de gemeente Appingedam (C‑31/16)


One Reply to “Newsletter #1”

  1. ROUGERIE

    Bonjour,
    J’ai reçu hier votre bulletin dans ma boite aux lettres, et je suis d’accord avec votre analyse. On voit bien que les projets menés par la municipalité actuelle conduisent à la mort du centre ville, et va faire perdre à terme toute attractivité pour notre ville de Cholet.

    Cordialement,
    P ROUGERIE

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